prévenir l'urée chez le chien et chat

alimentation pour prévenir l'urée chez le chien et chat


Importance d'une bonne alimentation dès le plus jeune age. 

Des progrès très importants ont été accomplis depuis une vingtaine d'années en diététique des chiens, chats, lapins, rongeurs et autres nouveaux animaux de compagnie. L'alimentation intervient de deux manières dans la santé de nos compagnons à quatre pattes : dans la vie de tous les jours, lorsque l'animal est en bonne santé, (aliments physiologiques), mais aussi en cas de maladie, et l'aliment devra alors être considéré comme un véritable médicament.

 

 

LES ALIMENTS DE TOUS LES JOURS

 

Il est possible de nourrir son chien ou son chat avec une ration ménagère : il faut alors éviter les restes de table, les viandes "pour chien", et construire une ration équilibrée en protides, glucides et lipides, vitamines et sels minéraux. Ce résultat est assez difficile à obtenir quotidiennement sur le long terme, et un animal habitué au steak haché depuis son plus jeune âge ne sera pas très content si l'on prétend, un jour, le faire passer aux croquettes. Une ration mal équilibrée peut aussi avoir des conséquences sur la santé de l'animal : on peut citer l'exemple des chatons nourris avec un régime "tout viande" qui se retrouvent carencés en calcium, avec pour conséquence un retard de croissance et des os extrêmement fragiles, qui se brisent au moindre choc. Autre exemple de trouble lié à une alimentation de mauvaise qualité : les chats nourris avec une marque bien connue de croquettes d'entrée de gamme, qui ont un risque augmenté de présenter des calculs urinaires.

 

Depuis quelques années, chiens et chats ont à leur disposition des aliments "premium" : il s'agit d'aliments haut de gamme, élaborés dans des centres de recherche par des vétérinaires diététiciens, pour coller au plus près aux besoins alimentaires des animaux, en utilisant des matières premières de qualité. La grande majorité de ces aliments se présentent sous forme de croquettes (meilleure conservation une fois entamés, meilleur rapport qualité/prix).

 

Les besoins (en énergie, en protéines…) n'étant pas les mêmes pour tous, différents types d'aliments sont disponibles en fonction de l'âge, du format ou de l'activité de l'animal : un jeune chien de grand taille en pleine croissance trouvera ainsi dans ses croquettes une quantité importante d'énergie, de protéines et de calcium, tandis que des protéines de haute qualité, mais en quantité réduite, un faible taux de phosphore, et des omégas 3 augmentés caractériseront l'aliment du vieux toutou. Les croquettes des chiens de petit format sont conçues pour abraser la surface des dents lors de la mastication, et prévenir ainsi la formation de la plaque dentaire. Les aliments pour chats stérilisés participent à une  prévention  certaine.

 

 

ET EN CAS DE MALADIE ?

 

Les aliments jouent un rôle dans la prise en charge d'assez nombreuses maladies, et dans certaines indications, ils constituent même la clef de voute du traitement. Quelques exemples :

 

Les calculs urinaires

Il s'agit probablement de la plus ancienne indication dans laquelle l'alimentation est utilisée, en médecine vétérinaire. Chiens et chats peuvent fabriquer des calculs (semblables à des cailloux), ou de simples cristaux (semblables à du sable), dans leur appareil urinaire : reins et vessie. Calculs et cristaux sont parfois découverts fortuitement chez des animaux qui ne semblent pas trop en souffrir, à l'occasion d'une radiographie ou d'une échographie réalisées pour un tout autre motif. Mais ils peuvent aussi provoquer une cystite (l'animal se met en position pour uriner en permanence, sans rien faire, et ses urines sont rouges (photo de droite)), ou être à l'origine de problèmes beaucoup plus dramatiques. Par exemple, l'obstruction de l'urètre chez un chat, ou plus rarement chez un chien : les urines ne pouvant plus s'écouler hors de la vessie, celle-ci gonfle, devient énorme et dure comme un caillou, et l'animal peut mourir en un jour ou deux si l'obstruction urétrale n'est pas levée rapidement. De même, l'obstruction d'un uretère par des calculs empêchera les urines de sortir du rein, ce qui conduira à la destruction progressive de ce dernier. Une fois les deux reins détruits, l'animal décède d'insuffisance rénale

 

L'origine des calculs est variée : le plus souvent, elle est due à la somme de plusieurs facteurs : une alimentation trop sèche, des urines trop ou pas assez acides, une infection urinaire passée inaperçue… Plus rarement, certains médicaments (allopurinol à haute dose), certaines malformations (shunts porto-systémiques), peuvent provoquer l'apparition de calculs urinaires.

 

Lorsqu'un chat est "bouché", ne peut plus uriner et que sa vessie menace d'éclater, il faut l'endormir très rapidement, pour pouvoir passer une sonde lui permettant de vider sa vessie. Ensuite… il y a une trentaine d'années, le chat se rebouchait de façon répétée, ce qui ne laissait le choix qu'entre une intervention assez importante pour élargir l'urètre (urétrostomie) et permettre par la suite l'évacuation des urines et des calculs, ou… la mort de l'animal.

 

Aujourd'hui, il existe des aliments, (à la fois croquettes et aliments humides), qui 
permettent, dans le meilleur des cas, de dissoudre et de faire disparaître les calculs (cas des struvites (photo de droite : cristaux de struvite, susceptibles de s'agglomérer et de former un bouchon dans l'urètre)), ou au moins de diminuer le risque de les voirrécidiver après exérèse chirurgicale (par exemple les oxalates (photo de gauche)). Les aliments agissent (entre autres) sur la quantité d'eau ingérée, sur l'acidité des urines (les struvites se forment en milieu basique, on va donc acidifier les urines pour les dissoudre), et sur la composition même du calcul (un aliment pauvre en phosphate et en magnésium diminuera le risque de voir se former des calculs de struvite = phosphates ammoniaco-magnésiens).

 

En évitant à de nombreux chats de se faire opérer, (grâce à l'alimentation, l'urétérostomie est aujourd'hui une intervention relativement rare), en évitant les rechutes à répétition, les aliments à objectifs spéciaux ont certainement sauvé la vie de très nombreux chats depuis une trentaine d'années.

 

 

L'insuffisance rénale

Lorsque les deux tiers des reins sont détruits chez un animal, que ce soit à cause d'une maladie héréditaire (dysplasie rénale, maladie polykystique…), d'une infection (leptospirose, leishmaniose…), de calculs rénaux ou urétéraux, d'une tumeur… ou simplement de l'âge, le tiers restant ne suffit plus à assurer sa fonction, et l'animal se retrouve en état d'insuffisance rénale: l'urée et la créatinine sanguine augmentent, le chien ou le chat cesse de s'alimenter, vomit, maigrit, et finit par décéder.

 

On décrit des insuffisances rénales aiguës (IRA) dans lesquelles ce processus survient de façon très rapide (lors de leptospirose, par exemple), l'évolution se faisant alors en quelques jours vers la guérison, si le traitement est efficace et la maladie pas trop avancée, ou bien malheureusement vers la mort. Lorsque la maladie est plus lente (insuffisance rénale chronique : IRC), urée et créatinine sanguines augmentent progressivement, et l'animal se maintient pendant des semaines ou des mois dans un état d'équilibre instable, avec un appétit capricieux, une perte de poids, des vomissements occasionnels… jusqu'à ce qu'un seuil soit dépassé, ou qu'une poussée d'IRA conduise finalement au décès de l'animal. 

 

 

Autre cause d'insuffisance rénale : la maladie polykystique des reins (PKD), particulièrement fréquente chez les chats persans. Maladie débutante chez un jeune chat , et très évoluée chez un chat âgé, avec deux reins de très grande taille, et un tissu rénal complètement remplacé par une multitude de kystes 

 

Chez l'humain, il existe des traitements efficaces pour l'insuffisance rénale (dialyse et greffe de rein), mais ces traitements sont lourds et inaccessibles à la médecine vétérinaire, tout au moins en routine. Alors quelles solutions pour nos chiens et nos chats atteints d'insuffisance rénale ?

 

On peut évidemment traiter la cause de la maladie… si toutefois cette cause est connue, (les investigations nécessaires au diagnostic (biopsies rénales), sont parfois trop invasives pour un animal très affaibli), et à condition aussi qu'un traitement soit possible. Il peut s'agir d'antibiotiques dans le cas d'une leptospirose, d'une chimiothérapie dans le cas d'un lymphome rénal, de l'exérèse chirurgicale d'un calcul qui obstrue l'uretère… On peut mettre l'animal sous perfusion, notamment lors d'IRA. Chez un animal en IRC qui se dégrade, quelques jours de perfusion (avec rééquilibrage du sodium et du potassium), permettront parfois de revenir à l'état d'équilibre dans lequel le chien ou le chat se trouvait, quelques jours plus tôt. On pourra également donner des médicaments qui diminuent la fuite de protéines par les urines, ainsi que la fibrose et l'hypertension à l'intérieur du rein, injecter un analogue de l'EPO pour lutter contre l'anémie…

 

L'alimentation occupe une place importante au sein de cet arsenal : un apport de protéines de haute qualité en quantité restreinte, diminuera l'accumulation de déchets toxiques, tout en satisfaisant les besoins essentiels de l'organisme. Des quantités restreintes de phosphore et de sodium lutteront contre l'hyperphosphorémie et l'hypertension artérielle, et ralentiront l'évolution de la maladie rénale. Une supplémentation en omégas 3, en vitamines du groupe B et en antioxydants, facilitera le travail des reins, et luttera contre les pertes urinaires excessives. Les aliments spéciaux pour insuffisants rénaux contribuent ainsi à maintenir plus longtemps un certain nombre de chiens ou de chats, dans un état d'équilibre satisfaisant. Ces aliments existent en croquettes (certains chats, habitués aux aliments secs, ne voudront jamais rien manger d'autre), mais aussi en pâtée ou en sachets fraîcheur, afin de les rendre plus appétant pour des patients insuffisants rénaux ayant souvent un appétit diminué et capricieux. 

 

 

L'obésité

Comme chez l'humain, sédentarité et excès de table sont causes d'obésité chez nos animaux de compagnie. On considère que l'obésité commence à 20% au-delà du poids optimal de l'animal.

 

Le risque n'est évidemment pas le même pour tous : une chienne labrador, stérilisée, sans aucune activité physique, aura plus de risques de se retrouver obèse, qu'un setter irlandais qui fait son footing tous les jours avec son maître. On pourra impunément accorder quelques friandises ou restes de table au second, alors qu'on ne donnera une friandise à la première que si l'on augmente en parallèle son activité physique, ou que l'on diminue sa ration de croquettes. Pour un tel animal à risque, il sera de toute façon prudent de donner d'emblée un aliment adapté (dès la fin de la croissance et la stérilisation).

 

On aurait tort de traiter l'obésité à la légère : elle est source de nombreux problèmes, comme le diabète, des maladies hépatiques (voir plus loin la lipidose hépatique), des troubles articulaires (arthrose, rupture du ligament croisé antérieur du genou), des problèmes de peau par impossibilité mécanique de se toiletter… Globalement, l'obésité diminue de deux ans en moyenne la durée de vie d'un chien ou d'un chat.

 

Il est donc conseillé de surveiller régulièrement l'embonpoint de son animal : on peut observer son allure générale ; lui toucher les côtes (un critère simple, mais efficace : on ne doit pas les voir, mais on doit les sentir). En cas de doute, seule la pesée  nous dira réellement où l'on en est. Les chats et les tout petits chiens pourront être placés dans une balance de cuisine ou dans un pèse-bébé . Les chiens de plus grande taille seront pris dans les bras, et vous pourrez vous peser avec et sans eux, avant de faire la différence. 

 

Si une augmentation du poids est constatée, il faudra réagir : en cas de prise de poids légère, une réduction de la ration, une augmentation de l'activité, le passage à un aliment allégé suffiront. Si l'augmentation est sérieuse et/ou constante dans le temps, il faudra impérativement passer à un aliment adapté : pauvre en matières grasses, à teneur élevée en fibres, enrichi en L-carnitine, L-lysine et antioxydants.

 

Les troubles digestifs et les allergies alimentaires

Les troubles digestifs sont fréquents chez le chien et le chat, depuis la "simple" diarrhée occasionnelle qui va passer en 24 heures, jusqu'à des affections chroniques, beaucoup plus contraignantes à la fois pour l'animal et pour son propriétaire (insuffisance pancréatique chez le chien, maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) chez le chat, par exemple), et qui peuvent conduire in fine à la mort de l'animal (certains cas de lymphangiectasie, tumeurs digestives…

 

Comme pour les autres affections évoquées plus haut, l'alimentation peut constituer l'unique traitement de certains problèmes digestifs : la diarrhée chronique de certains chiens ou chats cesse définitivement après un changement alimentaire, de préférence pour un aliment hyper digestible. Elle peut aussi n'être qu'une partie du traitement, par exemple dans l'insuffisance pancréatique exocrine où les aliments hyper digestibles sont associés à des extraits pancréatiques, ou dans la lymphagiectasie où ils sont associés à des anti-inflammatoires.

 

Les aliments utilisés ont une digestibilité élevée, une teneur restreinte en matières grasses pour limiter les vomissements, et une quantité augmentée de fibres solubles qui nourrissent les cellules du tube digestif et restaurent la flore intestinale. Electrolytes, vitamines du groupe B et antioxydants sont également en quantités augmentées.

 

Un certain nombre de ces maladies de l'appareil digestif (lymhangiectasie, MICI…), mais aussi les allergies ou intolérances alimentaires, responsables de symptômes cutanés (démangeaisons, croûtes…) et/ou digestifs, sont traitées par d'autres types d'aliments, non plus seulement hyper digestibles, mais hypoallergéniques.

 

On peut essayer des régimes hypoallergéniques ménagers : il faut trouver une source de protéines et une source d'hydrates de carbone, avec lesquelles l'animal n'a jamais été en contact auparavant (attention, y compris sous forme de composants dans les croquettes !), ce qui oblige à aller chercher des aliments assez rares : certains poissons, cheval, voire autruche, manioc… Si le chien ou le chat cesse de se gratter après quelques semaines de ce régime, l'idéal est de réintroduire l'un après l'autres les aliments précédemment utilisés, et de voir lequel provoque le retour des symptômes. On voit que ce processus est assez lourd, avec des régimes difficiles à équilibrer (en sels minéraux, oligo-éléments…) et astreignants à préparer… sachant que ce sera pour toute la vie de l'animal !

 

Une solution plus confortable est offerte par les régimes hypoallergéniques en boîtes ou en croquettes, constitués soit de composants rares, pour reprendre le principe des régimes ménagers, soit (et c'est la tendance actuelle), de protéines hydrolysées, les protéines de faible poids moléculaire (en dessous de 10 000 daltons) n'étant pas détectées par le système immunitaire, minimisant ainsi les réactions allergiques. Il s'agit par ailleurs d'aliments hyper digestibles, enrichis en acides gras essentiels et antioxydants pour leur effet protecteur sur la peau.

 

 

… Et l'anorexie !

Il existe de nombreuses situations dans lesquelles un chien ou un chat cesse de s'alimenter : maladies digestives ou rénales occasionnant des nausées, coryza qui empêche le chat au nez bouché de sentir l'odeur des aliments, affections qui rendent la bouche douloureuse, notamment chez le chat, traumatisme et/ou chirurgie lourde après lesquels l'animal ne "redémarre" pas…

 

Dans tous ces cas, l'anorexie rend la guérison plus problématique : elle gêne la cicatrisation, diminue les défenses de l'organisme, favorise les complications et les carences diverses… Il arrive même qu'elle soit à l'origine d'une nouvelle maladie, qui vient s'ajouter à la première, ou prendre sa suite : c'est le cas de la lipidose hépatique, qui affecte particulièrement les chats obèses qui cessent de s'alimenter : pour une raison encore mal connue, de la graisse s'accumule dans leur foie, le transformant en un véritable "foie gras" semblable à celui d'une oie, et conduisant à une hépatite sévère avec anorexie renforcée, jaunisse, vomissements, etc.

 

Pour éviter d'en arriver là, il est essentiel que l'animal reste le moins longtemps possible sans manger. S'il refuse de s'alimenter pour l'une des raisons citées plus haut (entre autres), on lui proposera tout d'abord des aliments appétant (croquettes s'il ne mange que ça, mais le plus souvent aliments humides), et à la composition adaptée : quantité augmentée en protéines, matières grasses, omégas 3, zinc, potassium… Si le chien ou le chat persiste à ne pas manger, on le nourrira dans un premier temps à la seringue, en plusieurs petites prises réparties tout au long de la journée, et en cas d'échec ou d'impossibilité, par l'intermédiaire d'une sonde : celle-ci peut passer par le nez, le pharynx ou aller directement dans l'intestin en court-circuitant les premières voies digestives, par exemple en cas de lésion étendue de l'œsophage.

 

                        

Ces quelques exemples étaient destinés à illustrer le rôle fondamentale  de l'alimentation dans la médecine actuelle du chien et du chat.

 

 

Commentaires (1)

1. ericka 30/08/2013

bonjour pour tous les conseil que vous donne vous fait un travaille super sur se site je vous encourage a continue car on avais besoins d un site comme le votre pour prendre soin de nos animaux un grand merci félicitation continue

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site